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Construire une feuille de route pour l’habitat

Les États généraux de l’habitat, douze ans après ceux du logement social, se sont déroulés sur trois journées. Si l’objectif premier était de dresser un diagnostic de la politique de l’habitat, il s’agissait surtout de mettre en place des pistes de réflexion pour le prochain plan d’action. L’ensemble des acteurs du secteur, dont la CINC, était convié à l’événement.

Élargir la problématique du logement à l’environnement, aux transports ou encore au foncier, tel est le fil conducteur de ces États généraux organisés par le gouvernement, les provinces et communes. Durant trois journées d’échanges et d’ateliers participatifs, professionnels et institutions ont tenté de proposer, ensemble, les éléments d’une stratégie pour les dix années à venir selon quatre objectifs :

  • une politique publique transversale de l’habitat qui tient compte des critères aussi bien fiscaux, fonciers, sociaux que d’aménagement du territoire 
  • une définition d’outils, de moyens et de méthodes pour mettre en oeuvre l’action publique 
  • la co-construction d’un plan d’action afin de déterminer les priorités, les actions à mener et les moyens selon un calendrier prévisionnel 
  • la révision du fonctionnement des instances de concertation politique et technique.

La première journée, en avril à Nouméa, qui a également marqué l’ouverture de ces États généraux, a consisté à faire le point sur l’existant avec toujours le même constat malgré les préconisations des États généraux de 2004 : la Nouvelle- Calédonie n’est pas en mesure de répondre à la demande de logements intermédiaires et sociaux, pourtant un levier de croissance économique, face à l’évolution de la population.

Une carence en logements qui perdure

Les différents chiffres le démontrent : la carence annuelle est d’environ 2 000 logements dont 1 000 dans le social. Pour mieux illustrer la situation, le parc de logements sociaux est estimé à 12 000 en 2015 avec une moyenne de 643 livraisons chaque année entre 2005 et 2009, puis 304 entre 2010 et 2014 ; 45 % des ménages sont aujourd’hui éligibles au logement social. L’aide à l’accession de la classe moyenne, quant à elle, se situe autour de 240 unités par an dont une grande majorité de demandes sur la commune de Païta. Les freins ont aussi été clairement définis : le premier obstacle reste le foncier, de plus en plus rare et dont le prix a considérablement augmenté. Ensuite, la défiscalisation métropolitaine demeure de plus en plus difficile à mobiliser avec des délais trop longs. Enfin, autre difficulté, les communes de plus en plus frileuses pour accueillir des programmes sociaux sans les financements nécessaires pour accompagner l’intégration des différentes populations.

Intégrer les terres coutumières

Puis, c’était au tour des ateliers, à Koné, en mai, où il était question, entre autres, des enjeux de l’aménagement des terres coutumières. Trois pistes de réflexion ont été arrêtées : l’intégration de ces terres dans une stratégie d’aménagement du territoire global avec l’appui des coutumiers, la capitalisation des expériences, le financement et la sécurisation de l’investissement sur terres coutumières.

Résoudre l’habitat dégradé

Durant la journée organisée à Dumbéa, il était question de l’habitat dégradé et de la stratégie foncière. Car, au-delà de la problématique de manque de logements, une certaine précarité continue aussi à s’installer et certains quartiers, notamment sur Nouméa et Grand Nouméa, restent largement défavorisés en termes de mixité sociale, d’espaces et d’équipements publics. Selon la commission de l’habitat de la province Sud, 214 immeubles dégradés soit 1 800 logements ont été recensés. Environ 2 200 familles vivent dans des squats, répartis sur 56 sites. Des pistes de réflexion ont été au coeur des discussions : inciter ou contraindre les propriétaires à mettre les logements dégradés aux normes, résorber les squats et les immeubles insalubres, trouver des outils et des moyens pour rénover les ensemble urbains ou encore mettre en place des assurances pour les impayés.

La feuille de route dévoilée prochainement

Un séminaire, a priori programmé en décembre, sera consacré à la restitution des travaux avec la future feuille de route et ses trois axes majeurs : favoriser le bien-être et la cohésion sociale, financer les politiques d’habitat, aménager un cadre de vie de qualité. Avec, en ligne de mire, la construction de 25 000 logements supplémentaires d’ici 2025, soit 2 500 unités par an dont 1 000 logement sociaux.

Marie Jeanne Stevaux

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