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Est-ce que 2014 fait peur ? Dossier

En 2014, ce sera le début du processus d’autodétermination du pays. Si le « oui » l’emporte, le Caillou sera pleinement souverain. Ce changement d’envergure ne serai sans doute pas sans conséquence sur l’immobilier et l’économie générale.

Il ne faut pas se mentir, le marché de l’immobilier tourne mollement, au ralenti. L’euphorie des débuts des années 2000 s’est envolée. Les prix ont un peu baissé et certains professionnels ne cachent pas une légère réduction de leurs transactions annuelles depuis bientôt deux ans. Et la question de 2014 revient parfois dans les discussions. « Oui c’est un souci, mais les Métropolitains sont les seuls qui m’interrogent à ce sujet, explique Alexandre Lecomte, directeur d’Attike Immobilier. On nous demande clairement si l’achat est adapté par rapport à la conjoncture et la question qui revient le plus souvent est : “Est-ce que c’est le bon moment ?”. De mon côté, je pense qu’il y aura une reprise après 2014. Mais il n’y a pas d’affolement de la part des propriétaires qui veulent vendre. Ils préfèrent louer en attendant une reprise plutôt que de vendre moins cher.

D’ailleurs, si tout le monde voulait vendre, nous aurions un marché beaucoup plus dynamique avec des prix bien plus bas. »

De belles affaires possibles

Selon plusieurs professionnels, il y a une vraie différence entre le prix affiché et le prix final. « Il est de l’ordre de 10 à 15 % de moins. » Les acheteurs l’ont bien compris et les négociations, surtout à l’heure actuelle donc, permettent de faire de belles affaires. « Le marché de la vente s’est resserré et plus un marché se tend, plus ça négocie. »

Autre problème pour les agences : faire admettre à des propriétaires ayant acheté il y a quelques années qu’aujourd’hui leur bien se vendra moins cher. « Après c’est la loi du marché, ceux qui ont une nécessité absolue de vendre n’ont pas le choix. » Il y a également une tendance assez palpable. De nombreux propriétaires mettent leurs biens en location pour une courte durée, pour aller voir ce qui se passe ailleurs...

Les villas ont le vent en poupe

Chez Villas Nautica, on n’a pas d’inquiétudes. Le carnet de commande pour 2013 est plein et même sur 2014, de nombreuses réservations sont déjà là. « Le bon thermomètre, c’est les banques, selon Olivier Rossi. Je trouve qu’il y a un encouragement à l’investissement. On peut acheter sans apport et nous n’avons que très rarement des clients qui se voient refuser leur crédit. C’est vrai par contre que les gens ayant des projets plus conséquents sont plus dans l’attente. » Le constructeur a également noté une tendance très nette : une arrivée très mesurable de métropolitains, qui vendent tout ce qu’ils ont là-bas pour venir s’installer ici... Un exode métropolitain qui pourrait bien faire monter les prix.

CHRISTOPHE VAN PETEGHEM SUNSET PROMOTIONCHRISTOPHE VAN PETEGHEM, SUNSET PROMOTION

2014 ?

Ce n’est pas le vrai problème selon Christophe Van Peteghem avec qui le discours est nettement différent. Promoteur depuis 27 ans, ce spécialiste du bâtiment et de l’immobilier a sa propre idée des facteurs du ralentissement du secteur. « Non ! Il n’y a pas de peur de 2014, il y a une peur des politiques qui nous gouvernent, qui prennent des décisions qui ne reflètent pas la demande du marché immobilier et empêchent la construction », martèle-t-il. Selon lui, la demande est là et beaucoup de gens veulent investir en Calédonie. Mais l’offre ? Où est-elle ? « Le plan d’urbanisme de Nouméa bloque les constructions d’ampleur, nous sommes limités à R+2 (deux étages, sauf en centre-ville), le prix du foncier ayant augmenté, ça n’encourage pas au projet d’ampleur... Regardez autour de vous, il n’y a plus de grues » et d’ajouter, « cela a des répercussions catastrophiques sur la main-d’oeuvre » (moins de demandes), et les sous-traitants qui, par conséquent, travaillent moins.

«Regardez autour de vous, il n’y a plus de grues!»

La TCA, un frein à la construction

Moins de constructions, donc moins d’offres pour une demande bien présente. « La demande ne baissera jamais, les gens ne peuvent pas faire l’impasse du logement. Mais aujourd’hui on fait tout pour nous dissuader de construire », explique le promoteur. L’instauration de la TCA, une taxe à payer pour chaque permis de construire (lire page 20), est effectivement très conséquente sur des projet de plusieurs centaines de millions. « Sous prétexte qu’un permis de construire est délivré, on doit désormais payer la TCA. C’est dissuasif ! Le gouvernement s’est tiré une balle dans le pied avec ça, il y a moins de constructions d’immeubles, et c’est le particulier qui trinque en la payant sur sa maison neuve. » Des décisions qui, selon lui, ont cristallisé le marché. « Et on met ça sur le compte de 2014, ça suffit ! Les gens veulent vivre tranquillement et investir ! Chez Sunset nous faisons entre cinq et dix ventes par mois, où est la psychose ? Ma commerciale est disponible 7 jours sur 7, et on vend ! On répond à tout le monde. Dans tout métier, il faut se mettre à la disposition des gens. C’est la compétence, ou l’incompétence, de chacun dans son domaine qui fait la différence. »

«Aujourd’hui on fait tout pour nous dissuader de construire.»

Des projets en stand-by

Egalement en cause, dit-il, « le manque de réactivité du gouvernement » sur certains projets d’envergure, notamment les Marines du Mont-Dore, qui date de 1996. « C’est un projet de 10 milliards. Une petite ville. Et je n’ai jamais obtenu le permis de construire. Le terrain m’appartient mais il est aujourd’hui squatté par plusieurs centaines de personnes, et la mairie leur installe l’eau et l’électricité (rires) ! Un particulier lui, s’il construit un poulailler dans son jardin, on lui tombe dessus par contre. » A l’arrivée, beaucoup d’amertume donc et un constat : « La faiblesse de tous les hommes politiques qui se sont succédé a laissé s’installer l’insécurité. La dernière fois que je me suis rendu sur mon terrain, on a tiré sur ma voiture au fusil. »

2014 ? Légende urbaine ?

Tout le monde est quand même conscient qu’en 2014, il pourrait se passer des choses et c’est « une prise de risque sur les grands projets immobiliers bien sûr. Mais ça a toujours été le bon moment pour acheter, car ça ne peut qu’augmenter, la demande est là mais l’offre ne répond pas ! » précise Christophe Van Peteghem qui ajoute que « l’objectif des dirigeants devrait être de développer le pays, de nous aider à créer de l’offre, qu’il y ait une concurrence pour faire baisser les prix ensuite », et d’ajouter « Ce n’est pas 2014 qui fait peur, ce sont les règlements de compte politiques. La demande, elle est là !»

«Ce n’est pas 2014 qui fait peur,
ce sont les règlements de compte politiques.
La demande, elle est là !»

Un changement nécessaire

Le promoteur a des idées, comme par exemple instaurer la défiscalisation pour les locaux et « permettre ainsi une baisse de leurs impôts pour investir dans l’immobilier. Ces rentrées moindres pour le pays seraient vite compensées par les taxes récupérées sur les plus nombreuses entrées de matériaux sur le territoire ». Alors ? Ça va monter ? Ça va baisser ? La vraie réponse est apparemment ailleurs : « Il faut faire évoluer le débat ! Les prix n’ont pas baissé, il y a un prix vendeur affiché, mais surtout un prix acheteur après négociation. Les gens achètent s’ils ont l’impression de faire une bonne affaire, que le bien est au juste prix. Et un juste prix est possible quand il y a un équilibre entre l’offre et la demande. » Et pour qu’il y ait de l’offre...

Ce qu'ils en pensent :

cfrancois promobatCLAUDE FRANÇOIS,
PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION TERRITORIALE DES AGENTS IMMOBILIERS

« Les gens sont dans l’attente de décisions politiques et aujourd’hui, aucun acheteur ne nous parle de l’échéance de 2014. Si on a le bon produit au bon moment, il se vend. Nous n’avons pas du tout peur d’une chute des prix. Sur Nouméa, il y a une forte demande mais pas assez de logements. Comment voulez-vous que ça baisse ? »

cedric berodeCÉDRIC BERODE,
PRÉSIDENT DE LA CONFÉDÉRATION DES PROFESSIONNELS DE L’IMMOBILIER

« Il y a des gens qui veulent vendre. Je pense notamment à ceux qui ont beaucoup de biens, mais pas à cause de 2014. Je pense plutôt à la loi sur les plus-values qui est dans les cartons... Donc je comprends que certains cherchent à vendre maintenant. C’est une bonne explication. Le gros de la population n’a pas peur de 2014 et il y a toujours des investisseurs. Sur le neuf, les prix montent naturellement car les terrains sont rares à Nouméa. Le coût des matériaux a également tiré les prix du neuf vers le haut donc les prix ne peuvent pas s’effondrer. Mais sur l’ancien il y a de bonnes affaires à faire. Il faut savoir malgré tout que le prix du neuf tire le prix de l’ancien vers le haut.

Il faut quand même reconnaître que la « bulle », l’euphorie de ces dernières années, s’est arrêtée il y a trois ans. Nous avons malgré tout un bon volume de transactions. Il y a une forte demande pour les villas, mais nous n’en avons pas, car il ne s’en construit plus sur Nouméa intra muros. J’ajoute que selon moi, les banques ont resserré les règles d’octroi de crédit. Désormais il faut parfois autofinancer les frais de notaire, alors qu’auparavant on pouvait les englober dans son crédit. »

FREDDY CALLIGARISFREDDY CALLIGARIS,
MAISONS BEL AIR

« Il me semble que la « crainte » était plus palpable en 2012 qu’aujourd’hui. J’ai vu des gens vouloir vendre, et se louer un logement dans l’attente du passage de 2014. Mais aujourd’hui, les clients qui viennent nous voir n’en parlent pas. Nous avons davantage de problèmes liés aux coûts du projet du client que cette phobie de 2014... »

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